Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas un audit de sécurité adapté à votre organisation. Les recommandations dépendent de votre secteur d’activité et du niveau de sensibilité de vos données.
L’essentiel sur la sécurisation des transferts en 4 points
- Les solutions grand public ne garantissent ni chiffrement de bout en bout ni traçabilité exploitable
- Le chiffrement AES-256 et l’authentification forte constituent le socle technique minimal
- Le déploiement réussi dépend autant de l’accompagnement utilisateur que de la technologie
- Les certifications ANSSI permettent d’identifier les solutions conformes aux exigences françaises
Pourquoi vos fichiers professionnels sont exposés sans solution dédiée
Quand Marie, responsable administrative d’une ETI lyonnaise, m’a appelé l’an dernier, elle venait de recevoir un ultimatum de son principal donneur d’ordres. L’audit avait révélé que les plans techniques partaient via WeTransfer. Le verdict : mise en conformité sous trois mois ou déréférencement fournisseur. Ce cas n’a rien d’exceptionnel.

Selon le rapport annuel 2024 de la CNIL, 5 629 violations de données ont été notifiées cette année-là, soit une hausse de 20 % par rapport à 2023. Le nombre de violations touchant plus d’un million de personnes a doublé en un an. Franchement, ces chiffres ne me surprennent pas : dans les organisations que j’accompagne, je constate régulièrement que les collaborateurs utilisent par défaut des solutions grand public pour envoyer des fichiers volumineux, faute de politique interne claire ou d’outil mis à disposition par la DSI.
Ce que les solutions grand public ne vous disent pas
WeTransfer, Google Drive ou Dropbox en version gratuite ne proposent généralement pas de chiffrement de bout en bout. Concrètement, l’hébergeur peut techniquement accéder à vos fichiers. Sans parler de l’absence de traçabilité : impossible de prouver que le destinataire a bien reçu et ouvert le document à une date précise.
D’après les recommandations de la CNIL, les messageries électroniques et plateformes de dépôt grand public constituent rarement un moyen sûr pour transmettre des données personnelles. L’organisme préconise de chiffrer les pièces sensibles avant transmission et d’utiliser un protocole garantissant confidentialité et authentification. Sur le terrain, la réalité est souvent différente : les équipes font au plus simple, faute de temps ou de formation.
80%
des violations majeures de 2024 auraient pu être évitées avec une double authentification
Ce chiffre provient des déclarations de la présidente de la CNIL en avril 2025. La CNIL imposera d’ailleurs aux entreprises et administrations gérant des bases de plus de 2 millions de personnes d’activer cette double authentification. Les contrôles massifs sont annoncés pour 2026.
Les critères non négociables pour un transfert de gros fichiers sécurisé

Soyons clairs : pour un transfert de gros fichiers vraiment efficace, opter pour une solution performante s’avère essentiel. Quand une entreprise me demande de l’accompagner dans son choix, je commence toujours par la même grille d’évaluation. Ces critères ne sont pas optionnels si vous manipulez des données sensibles.
Votre grille d’évaluation solution sécurisée
- Chiffrement AES-256 de bout en bout (le fichier reste illisible pour l’hébergeur)
- Authentification forte à deux facteurs pour expéditeur et destinataire
- Traçabilité complète : preuve de dépôt, accusé de réception, historique des accès
- Hébergement France ou UE (hors juridiction Patriot Act américain)
- Durée de conservation paramétrable et suppression automatique
L’erreur la plus fréquente que je rencontre : confondre stockage cloud et transfert sécurisé. Un fichier stocké sur un drive partagé n’offre pas les mêmes garanties qu’une solution MFT (Managed File Transfer) conçue pour les échanges externes. La traçabilité, notamment, fait souvent défaut dans les outils de stockage classiques.
Cloud souverain vs hébergement international : ce qu’il faut savoir
Les solutions hébergées aux États-Unis restent soumises au Patriot Act et au Cloud Act. Les autorités américaines peuvent exiger l’accès aux données stockées, même si votre entreprise est française. Pour les secteurs réglementés (défense, santé, finance), les certifications ANSSI comme SecNumCloud garantissent un hébergement en France non soumis à ces juridictions.
Je recommande de privilégier systématiquement les solutions certifiées ANSSI pour tout transfert impliquant des données sensibles. Le surcoût initial est largement compensé par la réduction du risque. Le bilan 2024 publié par Vie-Publique rappelle que 55 millions d’euros d’amendes ont été prononcés par la CNIL cette année-là, avec 180 mises en demeure. Le coût d’une non-conformité dépasse largement celui d’un abonnement professionnel.
Mettre en place une solution sécurisée sans bloquer vos équipes
J’ai accompagné un sous-traitant aéronautique en Île-de-France l’année dernière. Un audit de leur donneur d’ordres avait révélé des transferts non sécurisés. La menace était claire : mise en conformité sous trois mois ou déréférencement. Le défi n’était pas technique, mais humain. Les équipes utilisaient WeTransfer depuis des années et n’en voyaient pas le problème.
La CNIL préconise de paramétrer une durée limitée de mise à disposition des fichiers et de restreindre l’accès aux seuls destinataires autorisés. Ces recommandations sont justes, mais insuffisantes sans accompagnement au changement. Pour la protection de vos données en ligne, la technologie ne représente que la moitié du travail.
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Audit des flux documentaires et identification des usages à risque -
Choix de la solution et validation par la direction et la DSI -
Configuration technique et phase de tests sur périmètre restreint -
Formation des utilisateurs clés et création de guides simplifiés -
Déploiement progressif par service avec support dédié -
Bilan d’adoption, ajustements et blocage des anciennes solutions
Dans les retours d’expérience que je collecte, le blocage principal n’est jamais la technologie. C’est la résistance au changement. Les équipes habituées aux outils gratuits perçoivent la nouvelle solution comme une contrainte supplémentaire. La clé : montrer concrètement les risques encourus (j’utilise souvent des cas anonymisés de fuites de données) et impliquer les managers de proximité dans la communication.
Ce qui fait la différence sur le terrain
Désignez un référent par service, formé en priorité. Il devient le premier recours pour les collègues perdus. Cette approche réduit la charge du support informatique et accélère l’adoption. Pour le sous-traitant aéronautique, nous avons maintenu le contrat avec le donneur d’ordres grâce à ce déploiement en moins de trois mois.
Vos questions sur la sécurisation des envois de fichiers volumineux
WeTransfer est-il suffisamment sécurisé pour des documents confidentiels ?
Non, pas dans sa version standard. WeTransfer ne propose pas de chiffrement de bout en bout et les serveurs sont localisés hors France. Aucune traçabilité exploitable pour un audit. Pour des données sensibles (contrats, plans techniques, données RH), une solution professionnelle avec chiffrement AES-256 et hébergement souverain reste indispensable.
Quelle différence entre chiffrement et cryptage ?
En français correct, on parle de chiffrement. Le terme « cryptage » est un anglicisme souvent utilisé, mais impropre. Le chiffrement transforme vos données en contenu illisible sans la clé de déchiffrement. Le standard AES-256 est recommandé par l’ANSSI pour les données sensibles : même avec les ordinateurs actuels, il faudrait des milliards d’années pour casser ce chiffrement par force brute.
Comment prouver qu’un fichier a été reçu par le destinataire ?
Les solutions MFT professionnelles génèrent des accusés de réception horodatés et des journaux d’accès détaillés. Vous savez précisément quand le destinataire a téléchargé le fichier, depuis quelle adresse IP, et combien de fois. Ces preuves sont opposables en cas de litige ou d’audit. France Transfert, l’outil de l’État, permet par exemple d’envoyer jusqu’à 20 Go avec ces fonctionnalités de traçabilité.
Le cloud souverain est-il obligatoire pour les entreprises françaises ?
Pas légalement obligatoire pour toutes les entreprises, mais fortement recommandé dès que vous traitez des données sensibles. Pour les opérateurs d’importance vitale (OIV) et certains secteurs réglementés (santé, défense), les certifications ANSSI comme SecNumCloud deviennent un prérequis. Dans tous les cas, l’hébergement hors juridiction américaine évite les risques liés au Patriot Act et au Cloud Act.
Combien coûte une solution de transfert sécurisé professionnelle ?
Comptez entre 5 et 15 euros par utilisateur et par mois pour les solutions SaaS destinées aux PME. Les offres entreprise avec certifications ANSSI et support dédié peuvent monter à 20-30 euros par utilisateur. Rapporté au coût potentiel d’une violation de données (55 millions d’euros d’amendes CNIL en 2024), l’investissement reste marginal.
Pour approfondir la sécurisation globale de votre infrastructure, notamment l’hébergement de vos données internes, consultez notre guide sur la sécurité des données sur votre hébergement.
La prochaine étape pour vous
Si vous ne devez retenir qu’une chose : les solutions gratuites grand public ne sont pas conçues pour les échanges professionnels sensibles. Elles créent un faux sentiment de sécurité qui expose votre entreprise à des risques réels, mesurables en millions d’euros d’amendes potentielles et en perte de confiance de vos partenaires.
Ce que vous pouvez faire dès demain
- Cartographier les flux de fichiers sensibles sortant de votre organisation
- Identifier les outils utilisés par défaut par vos équipes (souvent sans validation DSI)
- Évaluer une solution certifiée avec la checklist fournie dans cet article
Limites selon votre contexte organisationnel
Les exigences de sécurité varient selon votre secteur (défense, santé, finance) et la classification de vos données. Les certifications et normes mentionnées évoluent régulièrement : vérifiez leur validité actuelle. Pour une analyse adaptée à votre situation, consultez votre RSSI interne ou un consultant cybersécurité certifié.
